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« America Corp » surprend toujours

La mini correction des indices du début de la semaine dernière n’a pas fait long feu. Malgré les rodomontades du président américain ; malgré ses décisions, le plus souvent imprévisibles (cf. sa décision de restaurer les droits de douane sur l’acier et l’aluminium importés du Brésil et de l’Argentine), les investisseurs restent actuellement d’indécrottables optimistes. Ainsi, malgré une baisse d’environ 3% sur le début de la semaine, les indices finissent quasiment étales sur la semaine (-0.30% pour l’Euro Stoxx 50, +0.16% pour le S&P 500). L’optimisme reste en effet de mise parmi les investisseurs concernant un accord commercial entre la Chine et les Etats-Unis. Ce qui fonde ce sentiment est la perception par les marchés qu’un accord est aujourd’hui dans l’intérêt de chaque partie, que ce soit pour Donald Trump dans la perspective des élections de novembre prochain, ou pour le président chinois Xi Jinping qui doit compter avec une économie en fort ralentissement.

Mais le catalyseur qui a permis aux indices de « booster » dans les dernières heures de cotation vendredi est la publication de l’excellent rapport sur l’emploi pour novembre qui confirme que, malgré quelques alertes, « America Corp » se porte encore à merveille, ce que n’a d’ailleurs pas manqué de souligner le président américain en twittant « Notre économie fait l’envie du monde entier ». Et il est vrai que les données sur l’emploi publiées vendredi sont impressionnantes avec une accélération des créations d’emploi en novembre (+266k) au plus haut depuis février dernier. L’autre enquête auprès des ménages, qui sert de référence au calcul du taux de chômage, relativise toutefois ce chiffre avec, pour cette enquête, 83k créations d’emploi. Ce chiffre contribue néanmoins grâce à la progression moins rapide de la population active (40k), à une nouvelle baisse du taux de chômage qui recule à 3.5%, un plus bas depuis 1969. En parallèle, la progression des salaires reste sous contrôle en n’augmentant que de 3.1% sur un an.

Taux de chômage bas, pression salariale contenue, le cocktail reste idéal pour les marchés et ne semble pas devoir changer rapidement. Donald Trump va pouvoir ainsi aborder l’année électorale 2020 avec une économie entrant dans sa 11ème année de croissance ininterrompue. Qu’importe d’ailleurs, pour lui, si cette croissance tient en partie à une dérive des déficits (le déficit budgétaire américain est passé de -3.1% en 2016 à -4.7% pour 2019) ou si elle conduit à de plus grandes inégalités de revenus comme le présente, à nouveau, le Census Bureau (https://www.census.gov/newsroom/press-releases/2019/acs-1year.html).

Plusieurs événements majeurs sont à suivre cette semaine, avec d’un côté, les réunions des banques centrales (FED mercredi et BCE jeudi) et de l’autre, les rendez-vous politiques avec les élections générales au Royaume-Uni jeudi et surtout, dimanche, la décision américaine de mise en place ou non des nouveaux droits de douane sur la Chine. Tout en n’excluant pas des surprises, nous ne nous attendons pas à ce que la dynamique des marchés soit fondamentalement modifiée à l’issue de cette semaine.