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D’un extrême à l’autre

Comme on pouvait s’y attendre, la réunion de politique monétaire de la BCE n’a pas surpris grand monde. Ne voulant pas tuer dans l’œuf la reprise européenne en cours, Christine Lagarde a laissé inchangé les outils de politique monétaire afin d’éviter un resserrement des conditions de financement, dont elle constate un léger durcissement. Même sur le PEPP (programme d’achat d’actifs d’urgence mis en place pendant la crise de la Covid-19), où il pouvait y avoir un petit doute, les achats d’actifs pour le trimestre à venir seront maintenus à un rythme nettement plus élevé qu’au cours des premiers mois de l’année. Le communiqué de la BCE sur sa politique monétaire et ses outils en place est d’ailleurs resté strictement identique à celui de mars, prolongeant un peu plus sa politique ultra-accommodante, malgré l’amélioration du contexte macroéconomique.

Le scénario économique de la banque centrale pour la zone euro a, en revanche, été revu sensiblement à la hausse grâce au succès de la campagne de vaccination et à la réouverture de l’économie, notamment dans les secteurs les plus impactés par la crise. Les prévisions de croissance pour cette année et celle à venir ont été augmentées de 0,6%, par rapport aux dernières prévisions de mars, à respectivement 4,6% et 4,7%. Les risques sur ce scénario ont, par la même occasion, été réajustés de « baissiers à court terme » à « équilibrés », preuve d’un plus grand optimisme de la part de la BCE. Les prévisions d’inflation ont aussi logiquement été revues à la hausse. Cependant, et c’est là que le bât blesse, l’inflation pour cette année ne serait « que » de 1.9% (contre une prévision de 1.5% en mars), soit sous l’objectif de la BCE. Et que dire des prévisions, inchangées, pour 2023 où l’institution européenne attend toujours 2.1% de croissance et 1.4% d’inflation. Un retour rapide à la « fade normalité » européenne. Le grand soir sur les taux européens n’est donc pas pour demain.

Finalement plus attendues que la réunion de politique monétaire de la BCE, les chiffres d’inflation pour le mois de mai aux Etats-Unis n’ont décidément pas beaucoup plus agité les marchés, alors qu’ils sont sortis une nouvelle fois au-dessus des attentes et en forte hausse. Comme depuis plusieurs mois, les effets de base et les facteurs transitoires expliquent une bonne partie de cette hausse. A titre d’exemple, le marché automobile de l’occasion, qui profite de la baisse de production de véhicules neufs du fait de la pénurie de semi-conducteurs, et les billets d’avions représentent plus d’un tiers de la hausse de l’inflation sur le mois de mai.

Plus surprenante en revanche, la baisse des taux américains qui retrouvent des plus bas de 3 mois, ces derniers repassant même sous les 1.5% pour le 10 ans. Plusieurs explications ressortent : (i) le plan d’infrastructure de Joe Biden serait finalement beaucoup moins important afin de pouvoir trouver un compromis entre les deux camps ; (ii) le message sur le caractère transitoire de l’inflation, martelé par la Fed, semble être entendu et (iii) ses effets transitoires pénalisent la croissance américaine ; (iv) des rachats de short importants.

Les craintes exagérées du début d’année semblent donc finalement avoir fait place à une complaisance exacerbée.