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L’année démarre sur les chapeaux de roues

Les marchés actions ont démarré cette nouvelle année en trombe. Les indices américains, S&P 500, Dow Jones, NASDAQ, Russell 2000 ont tous enfoncé de nouveaux records et atteint des plus hauts historiques. Les marchés ont salué les résultats en Géorgie qui donnent gagnants les deux candidats démocrates permettant au Sénat de changer de camp. Ce scénario d’une « blue wave », qui a subi plusieurs rebondissements au cours des derniers mois, va permettre à Joe Biden de disposer de plus de marge de manœuvre pour mener à bien son programme. Le futur Président américain a d’ailleurs déjà annoncé la couleur : « il est nécessaire de dépenser maintenant [...] et cela se chiffrera en milliers de milliards de dollars, un plan global ». Par ces mots, Joe Biden pose les jalons de ses premières mesures et notamment l’augmentation des aides pour les foyers américains qui devraient passer de 600$ à 2000$. Ainsi, après le dernier plan de relance bipartisan de 900 milliards de dollars (environ 4% du PIB), un plan additionnel d’environ 3% du PIB pourrait rapidement être validé. Ces éléments sont de nature à booster la croissance américaine pour 2021 autour de 6% alors que le consensus se situe actuellement vers 4%. Si les marchés financiers se satisfont pour l’heure de ce scénario, ils occultent les points les moins favorables à Wall Street du programme de Joe Biden : augmentation du salaire minimum, régulation de certains secteurs et hausse de l’impôt sur les sociétés. Ces mesures ne devraient cependant pas être d’actualité pour cette année : premièrement car la priorité reste à la relance économique et à la lutte contre la Covid-19 et deuxièmement car certaines mesures, notamment en processus dit « accéléré », nécessiteraient la majorité des deux tiers.

L’ambitieux plan relance du nouveau Président américain (validé officiellement par le Congrès) remet en tout cas sur le devant de la scène la marotte du retour de l’inflation dont les marchés aiment se saisir pour se faire peur. Les anticipations d’inflation américaine (caractérisées par le swap d’inflation 5 ans dans 5 ans, cf. graphique de la semaine) sont ainsi revenues sur leurs niveaux de 2018 et les taux longs américains à 10 ans sont repassés au-dessus des 1%. Cette tendance est amenée à se poursuivre, en lien avec la reprise économique américaine (et certains effets de base comme la remontée du pétrole). A ce titre, les derniers chiffres macroéconomiques (ISM Manufacturier et Services, PMI Services et Composite) ont confirmé le dynamisme de l’économie américaine. Et si les derniers chiffres de l’emploi ont déçu pour le mois de décembre (140k destructions d’emplois contre 50k créations attendues), les destructions d’emplois restent majoritairement cantonnées aux secteurs les plus impactés par la Covid-19 et une amélioration devrait se dessiner une fois la réouverture des économies actée. La Fed, en changeant de doctrine monétaire l’année dernière, peut maintenant laisser raisonnablement filer l’inflation au-dessus des 2% tout en restant accommodante (au moins jusqu’à 2023 selon ses dernières déclarations).