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Le long chemin du compromis

Après des mois de négociation, un accord bipartisan semble enfin se dessiner concernant le plan de relance dans les infrastructures voulu par Joe Biden. Cette nouvelle proposition se chiffrerait à 1 200 milliards de dollars sur huit ans dont 559 milliards de nouvelles dépenses, le solde venant de la réallocation de budgets existants mais non dépensés. Le consensus arraché n’a pas touché aux grandes lignes rouges des deux partis, notamment les hausses d’impôts pour les entreprises et la fiscalité de la classe moyenne, ce qui ne règle finalement pas pour le moment la problématique du financement. Si Joe Biden a salué un accord historique, le coup de rabot est néanmoins significatif par rapport aux ambitions initiales. En effet, si les investissements majeurs dans les réseaux ont globalement été maintenus (routes, ponts, infrastructures électriques et fibres, transports en commun), les dépenses plus « sociales » visant les écoles, la lutte contre le changement climatique et plus globalement celles ciblant la lutte contre les inégalités sont bien en deçà des ambitions affichées originellement par les Démocrates.

Malgré cette avancée majeure, le vote final aux deux Chambres n’est pas encore garanti car les Démocrates, par l’intermédiaire de Nancy Pelosi, la présidente de la Chambre des représentants, ont conditionné le vote de ce plan à celui d’un nouveau projet qui comprendrait les grandes mesures sociales voulues par les Démocrates, notamment de l’aile gauche ; ce à quoi s’opposent bien sûr les Républicains. La Maison Blanche devra donc ménager la chèvre et le chou, Joe Biden ayant jusqu’à présent plusieurs fois poussé pour la recherche du compromis avec le camp républicain.

Du côté des chiffres économiques, ceux publiés la semaine dernière aux Etats-Unis confirment la bonne dynamique de la zone sans risque de surchauffe. Les dépenses des ménages sont par exemple restées à l’équilibre sur le mois (presque +6% depuis fin 2019) malgré la réouverture de plus en plus marquée des services ce qui tend à montrer l’absence, pour le moment, d’effet de surconsommation notamment via l’épargne accumulée pendant la crise. Par ailleurs, l’inflation anticipée à 5 ans par les ménages, calculée par l’Université du Michigan, est retombée de ses plus hauts en passant de 3% à 2.8%. Il en va de même pour le PMI composite qui passe de 68.7 en mai à 63.9 en juin. Le pic d’accélération de la croissance semble donc passé ce qui conforte sûrement le discours de la Fed quant à une sortie très progressive, mais sans emballement, de sa politique monétaire accommodante. En Europe en revanche, la vigueur de la reprise se poursuit assez logiquement grâce à la fin des restrictions sanitaires dans la quasi-majorité des pays. C’est particulièrement le cas dans les services alors que le secteur manufacturier continue de se maintenir à un haut niveau.

Sur le front sanitaire, nous nous garderons bien de tout optimisme démesuré, même si les progrès sont majeurs. Ainsi, le variant Delta pourrait jouer le trouble-fête.