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Les États-Unis, nouvel œil du cyclone

Les marchés financiers ont rebondi la semaine dernière après deux semaines de chute violente, prenant ainsi en compte les mesures de soutien massif des gouvernements et banquiers centraux. Ce reprise ressemble néanmoins, à bien des égards, au « rebond du chat mort ».

En Europe, l’Allemagne, n’étant pourtant pas le pays le plus touché par l’épidémie, a annoncé un plan de sauvetage historique de près de 1100 milliards d’euros pour soutenir son économie, faisant fi de son rigorisme habituel et de sa sacro-sainte règle budgétaire. Les députés allemands ont ainsi voté la création d’un fonds de secours de 600 milliards d’euros pour les grandes entreprises (400 milliards de garanties de dettes, 100 milliards de prêts ou prises de participations et 100 milliards pour soutenir la banque publique d’investissement KfW) auquel s’ajoute une augmentation de plus de 350 milliards d’euros (soit près de 820 milliards au total) de prêts que peut garantir la KfW. Par ailleurs, Berlin a prévu d’augmenter de 123 milliards d’euros le budget fédéral (soit 3.6% de son PIB) en plus des mesures d’aide pour les salariés et les petites entreprises. Au niveau européen, l’Eurogroupe prévoit un effort budgétaire de 2% du PIB de la zone. Cependant, si les réponses budgétaires voulues par la présidente de la BCE, Christine Lagarde, ont, semble-t-il, été entendues, la cohésion européenne n’est pas encore totalement enclenchée. Les « coronabonds », instruments de dette mutualisés suggérés par le Premier ministre italien Giuseppe Conte, ne sont pas encore au programme. Cinq des dix-neuf pays de la zone seraient encore réticents, dont l’Allemagne…

L’ensemble des mesures annoncées au niveau mondial s’élève maintenant à plusieurs trilliards de dollars. Pourtant, le marché peine à rebondir et l’embellie du début de semaine dernière n’aura finalement duré que deux jours. En cause, encore et toujours, l’incertitude qui rend difficilement visible le point de chute même si l’on peut toujours raisonnablement penser que la crise sera temporaire et impactera essentiellement le premier semestre 2020. Alors que la reprise semble se confirmer en Chine et que le pic est actuellement en cours en Europe, tous les regards se tournent désormais vers les Etats-Unis dont le pic est attendu dans les 10 à 15 jours alors que le nombre de cas outre-Atlantique frôle déjà les 150 000 (plus que tout autres pays). L’ampleur de l’épidémie aux Etats-Unis et l’impact sur la croissance américaine seront des facteurs déterminants de sortie rapide ou non de la crise. Le CARES Act risque d’être insuffisant en cas de non-maîtrise de la crise sanitaire. L’écart entre les prévisions de croissance américaine est révélateur de l’incertitude de la période : de -14% pour JP Morgan à -30% pour Morgan Stanley pour le deuxième trimestre. Du simple au double… une paille !