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L’espoir d’un traitement contre le COVID-19 en soutien des marchés

Dimanche, la FDA (Food & Drug Administration) a approuvé l’utilisation en urgence de plasma sanguin provenant de patients ayant guéri du Covid-19 pour traiter des malades. Si l’efficacité de cette approche fait débat, Donald Trump a salué cette décision en la qualifiant de « percée historique ». Souvenons-nous du fait que, la veille, Donald Trump critiquait vertement l’autorité sanitaire américaine en l’accusant d’entraver le déploiement d’un vaccin et d’un traitement pour des raisons politiques. Cette décision est, en tout cas, intervenue (hasard, sans doute, du calendrier…) la veille de l’ouverture de la convention d’investiture du Parti républicain (ce jour). Cet épisode dans la lutte contre le Covid-19 viendra en soutien des marchés cette semaine mais, surtout, nous rappelle, qu’au-delà de la course au vaccin (l’administration Trump envisageant d’ailleurs une procédure accélérée pour le vaccin d’AstraZeneca), la recherche d’une solution curative se poursuit (ou plutôt de l’association de différents traitements) avec des avancées prometteuses et l’apparition de nouveaux protocoles de traitement attendus pour l’automne.

Si les actions, aux Etats-Unis, avec un S&P 500 et un Nasdaq ayant établi de nouveaux plus hauts historiques (e.g. le S&P 500 a enregistré le rebond le plus rapide de l’histoire suite à un bear market alors qu’Apple a fini la semaine avec une capitalisation boursière de 2. 080 milliards de dollars soit un montant supérieur au PIB du Brésil…), continuent de s’apprécier avec une attractivité toujours aussi forte des secteurs technologiques et pharmaceutiques, il pourrait être tentant de regarder d’ores et déjà davantage vers le vieux continent. On sait que le marché européen rebondit historiquement moins fortement que le marché américain (les dernières semaines l’ont encore prouvé). Partant de ce constat, une rotation géographique partielle et tactique des allocations actions vers le marché européen pourrait commencer à avoir du sens. Cela étant, la baisse des derniers indices PMI en Europe (l’indice composite est tombé à 51,6 points en août après 54,9 en juillet) doit nous amener à rester prudents et il est même possible d’assister à des prises de profit sur les marchés européens surtout si les craintes sanitaires continuent à croître en Europe. Cette hausse des craintes sur le rebond de la pandémie en Europe nous semble à relativiser, à plus longue échéance, car, si elle peut être source de volatilité, il n’en demeure pas moins que « nous pouvons gérer le virus et maintenir l’économie et le système éducatif en marche » comme l’a indiqué Hans Kluge, directeur de la branche Europe de l’OMS, au cours d'une conférence de presse. Comme le rappelle Monsieur Kluge : « nous ne sommes pas de retour en février, nous savons comment cibler le virus plutôt que cibler la société ». Aussi, nous pensons que les acteurs de marchés ont bien compris que les politiques (qui n’ont d’ailleurs pas vraiment le choix, un second confinement généralisé pouvant avoir des conséquences difficilement supportables) sont mieux armés pour ne pas avoir à verrouiller la société.

Nous porterons notre attention, cette semaine, sur la réunion à distance des banquiers centraux aux Etats-Unis (venant en lieu et place de la traditionnelle conférence de Jackson Hole). Rappelons que plusieurs responsables de la FED avaient estimé lors du FOMC de juillet que la banque centrale pourrait avoir besoin d'assouplir encore sa politique monétaire pour soutenir l'économie face aux retombées de la pandémie de coronavirus. Cette réunion sera d’autant plus importante à suivre en l’absence de validation d’un nouveau paquet budgétaire de soutien à l’économie américaine (les discussions risquant de vraiment reprendre à l’approche du retour prévu des deux chambres du Congrès, pour le Sénat le 8 septembre et pour la Chambre des représentants le 14 septembre). Il convient de garder à l’esprit que ce sont plus de 28 millions de personnes, qui, aux Etats-Unis, sont à ce stade bénéficiaires d’aides (en cumulant les différents canaux : au niveau fédéral, de chacun des Etats et au niveau local).

Sur le vieux continent, rappelons que la BCE s’est dite prête à prendre également de nouvelles mesures en cas de besoin face à la récession provoquée par le coronavirus. Ainsi, si le compte rendu de sa dernière réunion du 16 juillet laisse transparaître un débat sur une augmentation supplémentaire du PEPP (déjà porté à 1.350 milliards d’euros), le soutien indéfectible de l’institution européenne nous semble acquis. Sur le vieux continent toujours, nous maintenons notre vigilance sur le segment des entreprises High Yield en raison de l'impact de la crise du coronavirus, l'agence de notation S&P ayant notamment annoncé, mercredi dernier, revoir à la hausse le taux de défauts attendus d'entreprises dont la note de crédit est classée en catégorie spéculative. Selon cette étude (qui ne fait que confirmer la hausse attendue du risque idiosyncratique), il faudrait s’attendre à un taux de défauts d’ici à juin 2021 de 8,5% ce qui impliquerait 62 défauts.

Enfin, facteur rassurant, l’OPEP + a annoncé, également mercredi dernier, avoir maintenu l’accord de baisse de production alors que le prix du baril s’est stabilisé autour de 45 dollars et que l’accord signé en avril a été globalement respecté. Ceci ne saurait nous faire oublier les difficultés majeures rencontrées par beaucoup de petites compagnies de production de pétrole de schiste, pour lesquelles cet ajustement de l’offre et donc cette stabilisation des cours risquent de ne pas être suffisants tant le recul de la demande a été violent (baisse de la production de 3 millions de barils par jour depuis le printemps).