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L’Europe toujours face à ses blocages politiques

Le dénouement des élections américaines et, surtout, les avancées sur la découverte d’un vaccin ont permis aux marchés européens de sortir de leur torpeur, dans laquelle ils étaient enfermés depuis le début du mois de juin. A la faveur d’une rotation sectorielle (ou à tout le moins d’un « value momentum ») aussi violente qu’inattendue, ils ont réussi, sur le mois de novembre, à rattraper une partie de leur retard (+7.8% de surperformance pour l’Euro Stoxx 50 contre le S&P 500, arrêtée à vendredi).

Si les investisseurs peuvent avoir le sourire, la situation politique demeure pourtant toujours aussi bloquée. Alors que les Etats-Unis discutent d’un nouveau plan de relance budgétaire compris entre 1 600 milliards et 2 000 milliards de dollars, après déjà un premier plan de 2 000 milliards, l’Union Européenne n’a toujours pas acté son plan de relance de 750 milliards d’euros, pourtant décidé en juillet. Les fautifs désignés sont la Hongrie et la Pologne qui continuent de s’opposer au mécanisme de conditionnalité des aides au respect de l’Etat de droit. Or, le plan de relance est adossé au budget communautaire pluriannuel sur la période 2021 – 2027 d’environ 1 000 milliards d’euros, qui serait donc bloqué à partir du 1er janvier 2021. Si la réalité économique devrait, à terme, faire revenir ces deux pays dans le rang, ces blocages mettent à mal l’unité européenne alors que les discussions sur les modalités du Brexit sont toujours en cours, avec une semaine décisive qui s’annonce. Si de l’aveu même de Michel Barnier, après plusieurs mois de blocage de Londres, les discussions se sont enfin accélérées, les points bloquants les plus politiques demeurent notamment sur les sujets de concurrence équitable et de la pêche. Preuve que la tension est palpable, certains pays, dont la France, insistent sur la nécessité de préparer un scénario de « Hard Brexit ».

Heureusement, la BCE continue de veiller au grain et la publication du compte rendu de la réunion d’octobre confirme le renforcement des outils monétaires à venir lors de la prochaine réunion du 10 décembre. L’objectif de la BCE est clair : maintenir des conditions de financement favorables pour les Etats afin de soutenir les plans de relance budgétaire, tout en évitant de tomber dans le piège du blanc-seing donné aux gouvernements. La BCE, par l’intermédiaire de François Villeroy de Galhau, a d’ailleurs coupé court aux demandes politiques, de plus en plus audibles, d’un effacement de la dette des Etats par l’institution européenne, alors que celle-ci a largement contribué aux mesures de soutien pour lutter contre la crise de la Covid-19 en étant l’un des principaux acheteurs de dettes gouvernementales. Cette réunion sera aussi l’occasion pour la banque centrale de mettre à jour ses prévisions de croissance et d’inflation. Si les perspectives de croissance seront revues à la baisse pour le 4ème trimestre, la dynamique à moyen terme devrait être plus positive avec l’espoir d’un vaccin. C’est en revanche beaucoup moins le cas de l’inflation qui reste inlassablement sous la cible de 2% … de quoi garantir une politique monétaire accommodante pour encore un bon bout de temps.