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L’histoire sans fin

Depuis maintenant plus d’un an (qui l’aurait cru !), nous vivons au rythme de l’épidémie. Si, de la même manière que les arbres ne montent pas au ciel, chaque jour nous rapproche de la sortie de crise, force est de constater que les vagues épidémiologiques successives mettent à rude épreuve notre optimisme … et l’économie. Le déploiement des vaccins, qui devrait fixer une date de sortie de crise à l’été 2021 et dont les effets sont déjà visibles sur certaines catégories de populations, semble néanmoins pris de court par la propagation très rapide des nouveaux variants. Outre la France, le confinement et les restrictions ont été prolongés en Allemagne, tout comme en Italie, et la situation sanitaire continue de se dégrader et d’inquiéter dans certains pays émergents (Brésil, Inde, Turquie). Même aux Etats-Unis, le nombre de nouveaux cas remonte légèrement sous l’effet d’un assouplissement trop rapide des restrictions selon Anthony Fauci, membre de la « Coronavirus Task Force » à la Maison Blanche.

En Europe, les perspectives de reprise économique devraient donc être une nouvelle fois repoussées même si les indicateurs préliminaires d’activités pour le mois de mars sont ressortis largement au-dessus des attentes. Si l’industrie poursuit son rebond en lien avec la reprise mondiale, les services, qui représentent 70% du PIB de la zone euro, restent encore en territoire de contraction. Mais ces données semblent en partie déjà dépassées par les nouvelles mesures de restrictions mises en place dans plusieurs pays européens. De quoi laisser le champ libre à la BCE dans sa politique monétaire accommodante, sans trop de pression. Ainsi, comme annoncé lors de sa dernière réunion, la BCE a ainsi déjà commencé à augmenter le rythme de ses achats d’actifs via le PEPP avec une hausse de près de 50% la semaine dernière. D’autant plus que, dans le même temps, le plan de relance européen ne semble pas prêt de voir le jour, avec un nouveau revers venu d’Allemagne ! Alors que le Parlement allemand venait de ratifier le plan, la Cour constitutionnelle de Karlsruhe a suspendu la signature présidentielle le temps de statuer, à la suite d’un recours en référé, sur la légalité du mécanisme d’une dette commune. Si le plan de relance ne devrait finalement pas être remis en cause, c’est un nouveau retard à l’allumage qui illustre bien les maux du Vieux continent et qui devrait continuer de creuser le décalage avec les Etats-Unis, qui eux n’attendent pas et enchaînent les plans de relance.

Ainsi, après son dernier plan de 1 900 milliards de dollars, l’enveloppe du nouveau plan de relance de Joe Biden intitulé « Build Back Better » dans les infrastructures et le système social pourrait monter jusqu’à 4 000 milliards de dollars. Même si on peut raisonnablement imaginer que les Républicains essaient d’y mettre des coups de rabot, ce plan devrait néanmoins rester massif. De quoi maintenir la dynamique de reprise américaine et les débats autour des scénarios de hausse des taux et d’inflation…