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Un noël avant l'heure pour les investisseurs

Comme nous l’écrivions dans notre dernier rendez-vous hebdomadaire, la semaine passée, qui s’annonçait décisive sur de nombreux thèmes, n’a pas bouleversé la dynamique en cours sur les marchés. Au contraire, la dynamique haussière semble renforcée à court terme et les attentes des investisseurs ont été confirmées.

Sur le terrain monétaire tout d’abord, la FED a, sans surprise, annoncé un statu quo pour ses taux directeurs qui resteront compris entre 1.5% et 1.75% après les avoir baissés à trois reprises d’un quart de point en juillet, septembre et octobre. Il est d’ailleurs probable à la lecture des DOTS - les projections de taux directeurs par les membres votants de la FED - que ce statu quo reste en vigueur toute l’année 2020. Statu quo également pour la BCE, où les attentes portaient moins sur le niveau des taux directeurs que sur les premiers mots de sa nouvelle présidente Christine Lagarde. S’inscrivant clairement dans la lignée de son prédécesseur, en validant les choix de politiques monétaires passées (taux négatifs, QE), Christine Lagarde semble toutefois vouloir apporter des évolutions dans la forme comme dans le fond. Dans la forme, la nouvelle présidente de la BCE, semble être adepte d’un discours plus direct, moins « techno » que celui de Mario Draghi. Pas sûr toutefois, qu’avec l’habitude bien ancrée des investisseurs de faire l’exégèse des moindres commentaires des banquiers centraux, une parole plus libre soit possible sous peine d’avoir à constamment commenter ses propres déclarations. Sur le fond, Christine Lagarde a annoncé une revue des objectifs chiffrés et des instruments à la disposition de l’institution. La sacro-sainte cible des 2% d’inflation semble ainsi être en ligne de mire.

Mais les attentes les plus importantes étaient du côté politique avec les élections générales au Royaume-Uni, remportées largement par les conservateurs (365 sièges sur 650), offrant ainsi aux marchés une perspective enfin claire sur le Brexit. Même si les défis pour le Royaume-Uni sont considérables, les investisseurs sont soulagés que ce chapitre puisse enfin trouver son épilogue. La livre sterling s’est ainsi envolée, au lendemain de l’élection de +1.69% contre le dollar signant sa plus forte progression journalière en 10 ans.

Enfin, tout le monde attendait la décision américaine sur les nouvelles taxes applicables au 15 décembre sur les 160 milliards de dollars d’importations chinoises dont les ordinateurs, jouets et vêtements de sport, et qui auraient pu impacter la consommation américaine. La taxe ne sera finalement pas instaurée. En effet, l’accord tant attendu sur le commerce a enfin été annoncé. Il convient toutefois d’être très prudents à ce stade, le texte de 83 pages n’ayant pas encore été divulgué. Celui-ci doit d’ailleurs, selon la presse chinoise, être encore traduit en mandarin et validé juridiquement. Et comme par le passé, lors de précédentes annonces, les américains évoquent des chiffres astronomiques d’achats de biens et services (200 milliards de dollars sur deux ans), alors que la partie chinoise se garde bien de communiquer sur des chiffres affirmant seulement que ces achats augmenteront dans le seul but de répondre à « l’expansion » de la consommation chinoise. Le diable étant dans les détails, des coups de théâtre ne sont donc clairement pas à exclure.